Le géant laitier Lactalis, connu pour ses camemberts Président, sa mozzarella Galbani ou encore le lait Lactel, a accusé la centrale d'achat européenne d'Intermarché, Auchan et Casino de retirer certains de ses produits des rayons pour obtenir des baisses de tarifs, selon une lettre consultée mardi par l'AFP.
( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )
Ce courrier, dont le contenu a été d'abord rapporté par le média spécialisé Contexte, a été envoyé lundi par le PDG du groupe, Emmanuel Besnier, à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard peu avant un comité de suivi des négociations commerciales qui opposent chaque début d'année la grande distribution aux industriels pour fixer les prix des produits de grandes marques dans les supermarchés.
Emmanuel Besnier y accuse la centrale d'achat Everest et les services Epic (représentant les enseignes Intermarché, Auchan et Casino) de "négocier hors de France le lait produit, transformé et commercialisé sur le territoire français".
Face au refus de Lactalis de baisser ses prix, il affirme que Gianluigi Ferrari, PDG d'Everest, a décidé "unilatéralement" de déréférencer certains produits Lactalis dans les magasins Intermarché, Auchan et Casino, "faisant peser un risque immédiat sur l'équilibre économique de la filière".
Ces déréférencements concernent selon lui six pays (France, Allemagne, Espagne, Portugal, Suisse et Pologne) et des produits exportés depuis la France mais aussi produits localement par Lactalis.
Les 70 usines françaises du groupe seront soumises "dès cette semaine" à des "surplus de stock", ajoute-t-il.
Le cabinet de la ministre de l'Agriculture a reconnu après le comité de suivi lundi que le point de friction des centrales d'achat européennes, qui rassemblent des enseignes de la distribution pour mieux négocier avec les grands industriels internationaux, est revenu plusieurs fois sur la table.
Elles sont accusées de "contourner" les lois Egalim censées protéger la rémunération des agriculteurs.
Le cabinet a ajouté que la ministre avait rappelé lundi que si les produits utilisaient de "la matière première agricole française, transformée en France et à destination du marché français", il n'y avait "aucune raison" que les négociations se fassent à l'échelle européenne et pas en France, peu importe la taille de l'industriel.
Lactalis est l'un des dix géants de l'industrie agroalimentaire mondiale avec un chiffre d'affaires qui a dépassé les 30 milliards d'euros en 2024.
Les éleveurs laitiers s'inquiètent déjà d'une baisse des prix payés aux producteurs par les industriels fin 2025, dans un contexte de recul mondial face à la chute des cours du beurre, qui avaient atteint des records ces dernières années.
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